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Vandoren, Rico, Alexander Superial : quelle marque d’anche pour saxophone ?

A detailed view showing a saxophone being repaired by skilled hands, emphasizing craftsmanship.
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Ce petit bout de roseau qui change tout

Je me souviens encore de mes débuts, quand j’achetais n’importe quelle anche au fond d’un magasin de musique poussiéreux, sans vraiment savoir ce que je cherchais. Résultat : un son nasillard, une résistance catastrophique, et une frustration qui me donnait envie de ranger mon alto dans son étui pour de bon. Ce n’est que quelques années plus tard, après des dizaines d’essais et pas mal d’argent dépensé, que j’ai compris à quel point le choix des marques d’anches pour saxophone pouvait transformer radicalement ton expérience de jeu.

Vibrant marching band performance in Denizli, Turkey captured outdoors with musicians in uniform.
Photo : Şevval Karataş via Pexels

Aujourd’hui, je veux te faire gagner le temps que j’ai perdu. On va passer en revue les trois grandes références du marché — Vandoren, Rico et Alexander Superial — avec leurs forces, leurs limites, et surtout dans quel contexte chacune brille vraiment. Pas de discours de catalogue : juste ce que j’ai vécu, testé, et enseigné à mes élèves depuis 20 ans.

Vandoren : la référence classique qui ne déçoit (presque) jamais

Si tu demandes à dix saxophonistes professionnels quelle marque d’anche ils utilisent, au moins six te répondront Vandoren. Ce n’est pas un hasard. Cette maison française fondée en 1905 a construit sa réputation sur une constance de fabrication qui force le respect.

Les gammes Vandoren et leurs profils

Vandoren propose plusieurs séries, et c’est là où beaucoup de débutants se perdent :

  • Les Traditionnelles (boîte bleue) : la gamme historique, taillée pour le jeu classique et la musique de chambre. Elles offrent une résistance homogène, un son centré et rond. C’est sur ces anches que j’ai fait mes premières gammes sérieuses au conservatoire.
  • Les Java (boîte verte) : plus flexibles, avec une coupe légèrement différente qui favorise la projection et le mordant. Idéales pour le jazz, la pop ou la variété. Pendant des années, j’ai joué en Java Force 3 pour mes concerts de jazz manouche — elles répondaient exactement à ce dont j’avais besoin.
  • Les V16 : un entre-deux intéressant, conçu pour les styles jazz et fusion. Elles sont un peu plus épaisses que les Java et donnent un son plus chaud, plus généreux dans les graves.
  • Les ZZ : pensées pour les musiques amplifiées. Très souples, très réactives, parfaites si tu joues dans un groupe avec sono.

Mon conseil : si tu démarres ou si tu joues plutôt en style classique, commence par les Traditionnelles en Force 2,5. Pour le jazz ou les musiques actuelles, va directement vers les Java.

Rico : l’accessibilité sans sacrifier la qualité

Longtemps, j’ai eu un préjugé contre Rico. Dans mon esprit de jeune saxophoniste prétentieux, c’était « la marque des débutants ». Grosse erreur. Un jour, lors d’un atelier avec un saxophoniste de haut niveau qui tournait avec un artiste international, je l’ai vu déballer une boîte de Rico Royal. J’ai failli m’étrangler.

Il m’a expliqué simplement : « Ce qui compte, c’est ce que tu fais avec, pas la boîte. » Il avait raison.

Les gammes Rico à connaître

  • Rico by D’Addario : l’entrée de gamme, mais honnêtement bien faite pour le prix. Irrégulières par nature (le bois est moins sélectionné), mais certaines anches de la boîte sont de vraies pépites. Je les recommande souvent pour mes jeunes élèves qui cassent beaucoup d’anches en apprenant.
  • Rico Royal : le cran supérieur. Taille américaine, son plus brillant, plus de projection. Elles conviennent parfaitement au jeu amplifiée et au jazz contemporain. La coupe est légèrement différente des Vandoren, ce qui donne plus d’ouverture dans les aigus.
  • La Voz : moins connue, mais très appréciée des saxophonistes de jazz qui cherchent un son « vintage », un peu plus sombre et velouté. J’ai eu une période La Voz Medium Soft sur mon ténor — c’était une révélation pour jouer du Coltrane.

Les anches Rico sont généralement moins chères que Vandoren, ce qui en fait d’excellentes candidates pour les phases d’apprentissage intense ou quand tu testes une nouvelle ouverture de bec.

Alexander Superial : le choix des connaisseurs

Là, on entre dans une catégorie un peu plus confidentielle. Les Alexander Superial sont moins présentes en devanture de magasin, mais elles ont une fanbase très fidèle — et très exigeante. La première fois qu’un élève avancé m’en a apporté une pour que je l’essaie, j’ai joué cinq minutes et j’ai compris pourquoi certains professionnels ne jurent que par elles.

Superial vs Superial DC : quelle différence ?

  • Alexander Superial : coupe traditionnelle, son chaud et rond, excellente homogénéité entre les registres. Elles sont taillées dans du roseau sélectionné avec soin et offrent une régularité qui se rapproche des meilleures Vandoren.
  • Alexander Superial DC : « DC » pour Double Cut — la coupe est différente sur le talon, ce qui modifie la vibration et donne plus de flexibilité, plus de projection dans les aigus. Elles sont populaires chez les saxophonistes de big band et de jazz fusion.

Le seul bémol : le prix et la disponibilité. Il faut parfois les commander en ligne, et le budget est légèrement supérieur aux deux marques précédentes. Mais si tu cherches une anche haut de gamme pour des concerts importants, l’investissement en vaut la peine.

Comment choisir concrètement : ma méthode en 4 étapes

Maintenant que tu connais les grandes marques d’anches pour saxophone, voilà comment je procède — et comment j’apprends à mes élèves à procéder — pour trouver l’anche idéale.

  1. Définis ton style de jeu principal. Classique, jazz, variété, musiques actuelles ? Chaque style a ses anches de prédilection. Ne cherche pas l’anche universelle — elle n’existe pas vraiment.
  2. Identifie ta force actuelle et teste une Force 2,5. La majorité des saxophonistes intermédiaires se trompent de force : ils jouent trop dur (Force 3 ou 3,5) et se battent contre leur anche. Commence doux, monte progressivement.
  3. Achète une boîte de chaque marque qui t’intéresse. Pas une anche, une boîte entière. La régularité d’une marque se juge sur une dizaine d’anches, pas sur une seule. Note tes impressions : son, résistance, endurance à l’humidité.
  4. Rôde tes anches correctement. Quelle que soit la marque, une anche non rôdée donne de mauvais résultats. Je trempe mes anches dans l’eau 30 secondes, je joue 5 minutes, je les laisse sécher à plat. Je répète ce protocole 3 jours de suite avant de les utiliser vraiment.

Un détail pratique souvent ignoré : note au feutre fin un numéro sur chaque anche et tiens un petit journal. « Anche n°3 — Java 3 — excellente réponse dans le registre aigu, un peu dure dans le grave. » Ça paraît anecdotique, mais après 20 ans, je peux te dire que cette habitude m’a permis de comprendre mes préférences avec une précision que je n’aurais jamais eue autrement.

Tableau comparatif rapide

  • Vandoren Traditionnelle → Classique, musique de chambre, débutants sérieux
  • Vandoren Java → Jazz, variété, amplification légère
  • Rico Royal → Jazz contemporain, pop, son brillant et projeté
  • La Voz → Jazz vintage, son sombre et velouté
  • Alexander Superial → Polyvalence haut de gamme, son chaud et homogène
  • Alexander Superial DC → Jazz fusion, big band, projection maximale

Il n’y a pas de mauvaise marque, il y a des mauvais choix

Après toutes ces années à tester des anches, à en offrir à mes élèves, à en casser, à en lancer contre le mur (oui, ça arrive), j’en suis venu à une conclusion simple : les grandes marques d’anches saxophone sont toutes sérieuses. Vandoren, Rico, Alexander Superial — chacune a ses adeptes passionnés, et ces gens-là ont de bonnes raisons.

Ce qui fait la différence, c’est l’adéquation entre l’anche, ton bec, ta lèvre, et ton style. C’est pour ça que je t’encourage à expérimenter activement plutôt que de rester figé sur la première marque qui te donne de bons résultats. Tu pourrais passer à côté de quelque chose de formidable.

Voir aussi en vidéo

Quelle marque de saxophone choisir? selmer, yanagisawa, yamaha?

Si cet article t’a donné envie de creuser le sujet, tu trouveras sur wordpress-333828-6359732.cloudwaysapps.com d’autres guides sur le matériel : choix du bec, entretien de l’instrument, et bien sûr des articles sur la technique et le travail musical. Le saxophone est un voyage sans fin — autant le faire avec le bon équipement !

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