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Arrêter de se comparer aux autres au saxophone : focus sur son propre parcours

A musician plays a saxophone while wearing a pink hoodie indoors.
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Ce piège qui freine presque tous les saxophonistes

Je me souviens encore de cette répétition, il y a une quinzaine d’années. Un ami saxophoniste — qui jouait depuis à peu près le même temps que moi — avait enchaîné une improvisation sur un blues avec une fluidité déconcertante. J’étais rentré chez moi ce soir-là avec une boule dans le ventre et une question qui tournait en boucle : « Pourquoi lui et pas moi ? »

A saxophonist playing in a jazz band, highlighting the instruments and live performance atmosphere.
Photo : cottonbro studio via Pexels

Ce sentiment, je parie que tu le connais. Cette petite voix qui surgit quand tu regardes une vidéo YouTube d’un autre saxophoniste de ton niveau — supposé — et qui te chuchote que tu n’es pas à la hauteur. La comparaison saxophone progrès est un piège dans lequel tombent les débutants comme les intermédiaires, et même certains confirmés. Et le pire, c’est qu’elle peut littéralement bloquer ta progression au lieu de t’aider à avancer.

Alors aujourd’hui, on va démêler tout ça. Pas avec des grandes phrases philosophiques, mais avec des outils concrets que j’utilise moi-même et que je transmets à mes élèves depuis des années.

Pourquoi on se compare (et pourquoi c’est normal)

Le cerveau humain est une machine à comparer. C’est un mécanisme de survie, pas un défaut de caractère. Quand tu regardes jouer quelqu’un d’autre, ton cerveau évalue instinctivement l’écart entre ce que tu entends et ce que tu es capable de produire. Ce réflexe a du bon : il t’indique une direction, un horizon à atteindre.

Le problème, c’est que cette comparaison est presque toujours biaisée. Voilà pourquoi :

  • Tu compares ton envers à leur endroit. Tu connais tes hésitations, tes mauvaises journées, tes séances ratées. Mais tu ne vois que le résultat poli et présenté de l’autre — souvent après des heures de travail invisible.
  • Tu ignores leur parcours complet. Ce saxophoniste qui semble progresser deux fois plus vite que toi a peut-être une formation musicale classique depuis l’enfance, un prof exceptionnel, ou simplement quatre heures par jour à consacrer à l’instrument.
  • Les réseaux sociaux amplifient l’illusion. Personne ne poste ses déchirements d’anche en plein concert ou ses ré bémols complètement faux. On poste ses meilleurs moments. Toujours.

Comprendre ces biais ne suffit pas à éteindre la comparaison, mais ça aide à lui donner sa juste place : une information parmi d’autres, pas une vérité absolue sur ta valeur musicale.

Mesurer ses vrais progrès au saxophone : les outils qui changent tout

La vraie question n’est pas « suis-je meilleur que Untel ? », c’est « suis-je meilleur qu’il y a trois mois ? » C’est un changement de perspective radical, et il transforme complètement l’expérience de l’apprentissage.

L’enregistrement audio : ton meilleur allié (et ton pire ennemi au début)

Quand j’ai commencé à m’enregistrer régulièrement — vers ma cinquième année de saxophone — j’ai d’abord détesté ça. Rien de plus impitoyable qu’un enregistrement pour mettre à nu tes approximations. Mais avec du recul, c’est devenu l’outil de progression le plus puissant que j’aie jamais utilisé.

Voici comment je te conseille de procéder :

  1. Enregistre une pièce ou un exercice aujourd’hui, dans l’état actuel de ta pratique. Même imparfait, même approximatif.
  2. Stocke le fichier avec la date dans son nom. (Ex : « blues_en_fa_15juin2025.mp3 »)
  3. Travaille normalement pendant 4 à 6 semaines.
  4. Réenregistre exactement le même morceau et compare.

La différence que tu vas entendre sera souvent surprenante — dans le bon sens. Ce genre de comparaison saxophone progrès orientée vers toi-même est la seule vraiment utile. Elle te montre ce qui a changé, et elle te donne une preuve tangible que ton travail paie.

Le journal de pratique : simple mais redoutablement efficace

Pas besoin d’un système complexe. Un carnet, quelques lignes après chaque séance. Ce que tu as travaillé, ce qui a bloqué, ce qui a commencé à fonctionner. Après quelques mois, ce journal devient une mine d’or : tu peux y relire des difficultés qui t’ont semblé insurmontables et qui font désormais partie de tes automatismes.

Un de mes élèves — un homme d’une cinquantaine d’années, qui avait repris le sax après vingt ans d’arrêt — m’a confié qu’il avait failli abandonner au bout de six mois parce qu’il « ne progressait pas ». On a sorti son journal et on a relu ses premières semaines. Il n’arrivait pas à tenir un ré grave plus de deux secondes. Le jour où on a fait cette relecture, il tenait un sol grave pendant dix secondes sans effort. Il n’avait tout simplement pas vu son propre chemin parcouru.

Changer son rapport à la comparaison : la méthode concrète

Il ne s’agit pas d’ignorer les autres saxophonistes — ce serait dommage, car écouter et observer les autres est une source d’inspiration formidable. L’idée, c’est de transformer la comparaison stérile en observation constructive.

De la jalousie à la curiosité

Quand tu entends quelqu’un jouer mieux que toi et que tu ressens ce pincement, pose-toi cette question à la place : « Qu’est-ce que j’entends précisément dans ce jeu que je voudrais développer ? »

Est-ce la fluidité des traits ? La qualité du son dans le registre aigu ? La façon dont il phrase ses mélodies ? Cette question transforme la jalousie en objectif. Tu passes de « il est meilleur que moi » à « je veux travailler ma sonorité dans les aigus ». Le premier état te paralyse. Le second te met en mouvement.

Choisir ses modèles intelligemment

Un autre piège classique : se comparer à des musiciens professionnels qui pratiquent depuis vingt ou trente ans et dont c’est le métier à temps plein. Si tu joues une heure par jour après ta journée de travail, la comparaison avec un musicien de scène aguerri n’a aucun sens — et pourtant, c’est exactement ce que beaucoup font en regardant des vidéos.

Choisis des modèles inspirants mais réalistes. Des saxophonistes qui ont un niveau légèrement supérieur au tien, qui partagent leur apprentissage, qui montrent leur processus. Ce sont ces personnes-là qui t’indiquent concrètement ta prochaine étape, pas les virtuoses inaccessibles.

Ce que 20 ans de saxophone m’ont appris sur le tempo des progrès

Il y a une chose que je répète souvent à mes élèves et que j’aurais aimé qu’on me dise plus tôt : la progression au saxophone n’est pas linéaire. Elle ressemble plutôt à une succession de plateaux entrecoupés de petites explosions de progrès.

Tu peux passer deux mois à avoir l’impression de stagner complètement — et puis d’un coup, en une semaine, quelque chose se déverrouille. Une articulation, une transition entre registres, une façon de respirer. Quand tu es dans le plateau, la tentation de te comparer aux autres est maximale. Et c’est précisément là qu’il faut tenir.

Personnellement, j’ai vécu un de ces plateaux particulièrement frustrants sur l’improvisation jazz. Pendant presque un an, j’avais l’impression de tourner en rond pendant que d’autres élèves de mon atelier semblaient décoller. Ce qui m’a sauvé, c’est d’avoir gardé les yeux sur mon propre travail : je me suis fixé un micro-objectif hebdomadaire, j’ai arrêté de regarder les autres jouer pendant quelques semaines, et j’ai fait confiance au processus. Un matin, les phrases ont commencé à couler différemment. Je n’ai pas changé de méthode — le temps avait fait son travail en coulisses.

Se concentrer sur sa propre évolution plutôt que sur la comparaison saxophone progrès avec les autres, c’est finalement ce qui permet à cette évolution d’exister vraiment.

Ton parcours t’appartient

Ce voyage avec le saxophone — avec ses frustrations, ses petites victoires, ses moments de grâce et ses séances où tout semble bouché — est le tien. Unique. Personne d’autre n’a exactement ton oreille, ton histoire musicale, ta façon de tenir l’instrument, ta sensibilité. Ce que tu construis, tu le construis pour toi, pas pour battre quelqu’un dans un classement imaginaire.

La prochaine fois que tu sentiras cette petite voix comparative surgir, rappelle-toi une chose : celui qui progresse le plus vite n’est pas celui qui se compare aux autres en permanence. C’est celui qui connaît si bien ses propres progrès qu’il n’a plus besoin de se mesurer à quiconque.

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Si cet article t’a parlé, je t’invite à explorer les autres ressources du blog — tu y trouveras des conseils sur la technique, le son, l’improvisation et bien plus encore. Et si tu as envie de partager ton expérience avec la comparaison au saxophone, les commentaires sont là pour ça. Je lis tout.

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