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Baker Street au saxophone : comment apprendre ce riff emblématique

Lively parade features a brass band marching through city streets, creating a festive atmosphere.
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Ce riff qui vous arrête dans la rue

Tu connais forcément cette sensation. Tu entends les premières notes, et tu te figes. Quatre mesures de saxophone, et toute une époque remonte à la surface. Baker Street au saxophone, c’est l’un de ces riffs qui transcende les générations — et qui fait rêver absolument tous les saxophonistes, du débutant qui tient son instrument depuis trois mois jusqu’au professionnel aguerri.

Group of musicians performing with saxophone and microphone under soft lights, exuding elegance and joy.
Photo : Yan Krukau via Pexels

La première fois que j’ai entendu Gerry Rafferty en 1978, j’avais à peine l’âge de tenir un instrument. Mais quand j’ai finalement eu un saxophone entre les mains des années plus tard, ce riff était l’une de mes toutes premières obsessions. Je me souviens avoir passé des heures à essayer de retrouver ces notes à l’oreille, avant de comprendre pourquoi ça ne sonnait pas tout à fait comme sur l’enregistrement. Aujourd’hui, je vais te faire gagner ce temps que j’ai perdu.

Comprendre le riff avant de le jouer

Avant de foncer tête baissée sur ton saxophone, prends deux minutes pour analyser ce qui rend ce riff si reconnaissable. C’est une étape que beaucoup de mes élèves sautent — et c’est une erreur que j’ai moi-même commise pendant des années.

La tonalité et la transposition

Le titre original de Gerry Rafferty est joué en Mi majeur (E major). Mais attention : si tu joues du saxophone alto ou baryton (instruments en Mi bémol), tu devras transposer. Et si tu joues du ténor ou soprano (instruments en Si bémol), la transposition est différente encore.

  • Saxophone ténor ou soprano (en Si bémol) : joue en Fa# majeur pour sonner en Mi à l’oreille
  • Saxophone alto ou baryton (en Mi bémol) : joue en Do# majeur pour sonner en Mi à l’oreille

C’était ma grande erreur au début : je jouais les notes « justes » sur ma partition, mais ça ne correspondait pas à ce que j’entendais sur l’enregistrement. Si tu veux jouer avec la version originale ou avec d’autres musiciens qui jouent des instruments dits « en do » (piano, guitare, flûte), cette transposition est indispensable.

La structure du riff

Le riff de Baker Street se compose essentiellement de phrases courtes et répétitives, articulées autour d’une gamme pentatonique majeure mâtinée de quelques notes de blues. C’est ce mélange subtil qui lui donne ce caractère à la fois lumineux et légèrement mélancolique. Rafferty avait confié l’exécution au saxophoniste Raphael Ravenscroft — qui, selon la légende, aurait été payé une simple session fee de 27 livres sterling pour l’un des riffs les plus reconnus au monde. Petite anecdote qui me fait toujours sourire quand j’en parle à mes élèves…

Apprendre le riff étape par étape

Voici la méthode que j’utilise avec mes élèves, et qui fonctionne vraiment bien même si tu débutes depuis moins d’un an.

Etape 1 : Ecoute active avant de jouer

Avant de poser les doigts sur ton instrument, écoute la chanson cinq fois de suite en te concentrant uniquement sur le saxophone. Fredonne le riff à voix haute. Ressens le phrasé, les légères inflexions, les moments de respiration. Le baker street saxophone original a une expressivité particulière — ce n’est pas juste une suite de notes, c’est une voix. Et cette voix, tu dois l’avoir dans la tête avant de la sortir de ton instrument.

Etape 2 : Travailler phrase par phrase, lentement

Le riff se découpe naturellement en trois ou quatre segments. Commence par le premier (les quatre premières mesures), joue-le à 50% du tempo original. Je recommande d’utiliser une application comme Amazing Slow Downer ou simplement YouTube avec la fonction de ralentissement. L’objectif ici n’est pas de briller, c’est de construire la mémoire musculaire correctement dès le départ.

  1. Isole la première phrase (mesures 1 à 4) et répète-la 10 fois de suite proprement
  2. Passe à la deuxième phrase sans revenir en arrière
  3. Enchaîne les deux phrases ensemble
  4. Continue ainsi jusqu’à avoir le riff complet
  5. Augmente progressivement le tempo sur plusieurs jours

Etape 3 : Travailler le son, pas seulement les notes

C’est là où beaucoup de saxophonistes buttent — et où je me suis moi-même planté longtemps. Tu peux jouer toutes les bonnes notes dans le bon ordre, et le riff peut quand même sonner « faux » parce que le son, lui, n’y est pas.

Quelques points techniques à surveiller :

  • Le vibrato : Ravenscroft utilise un vibrato discret mais présent sur les notes tenues. Évite d’en mettre trop — l’effet serait kitsch. Un vibrato léger, naturel, suffit amplement.
  • L’articulation : Le riff est majoritairement legato, avec quelques coups de langue discrets sur certaines attaques. Évite de trop articuler, ça tue le groove immédiatement.
  • La pression d’anche : Sur les notes aigues du riff, résiste à la tentation de mordre l’anche. Appuie plutôt sur ton soutien de souffle — le son sera bien plus ouvert et proche de l’original.

Les erreurs classiques à éviter

En vingt ans de pratique et d’enseignement, j’ai vu (et fait) à peu près toutes les erreurs possibles sur ce morceau. En voici les plus fréquentes pour que tu les évites d’emblée.

Jouer trop fort dès le début

Le riff de Baker Street a une dynamique pensée, une sorte de retenue élégante avant l’explosion émotionnelle. Beaucoup de mes élèves attaquent à fond, fortissimo, pensant que c’est ce que ça demande. En réalité, c’est le contraire : commence mezzo-forte, laisse la phrase respirer, et réserve l’intensité pour les moments où elle compte vraiment.

Négliger la respiration

Le riff dure plusieurs mesures et il y a des moments précis où Ravenscroft prend sa respiration — des micro-silences qui font partie du phrasé. Si tu souffles en continu sans respecter ces respirations naturelles, le riff perd toute sa musicalité. Repère ces moments à l’écoute et intègre-les dans ton jeu.

Oublier le contexte harmonique

Si tu joues Baker Street avec d’autres musiciens ou sur une backing track, prends le temps de bien identifier la progression d’accords. Le riff interagit avec des accords de Mi, Si, et La — et comprendre cette structure t’aidera à adapter ton interprétation et à improviser autour du thème si l’envie te prend.

Aller plus loin avec ce morceau

Une fois que tu maîtrises le riff principal, Baker Street peut devenir un véritable terrain de jeu. Tu peux travailler les couplets (moins connus mais très agréables à jouer), puis te lancer dans une petite improvisation sur la grille harmonique du morceau. C’est un excellent exercice pour travailler la gamme pentatonique en contexte réel.

Personnellement, j’utilise Baker Street régulièrement comme morceau de « démonstration détendue » lors de mes cours — quand je veux montrer à un élève ce qu’un son ouvert, une bonne respiration et un vibrato naturel peuvent apporter. Le morceau est suffisamment connu pour que l’élève entende immédiatement la différence entre une version technique et une version musicale. Et cette différence, c’est tout ce qui compte au fond.

Si tu veux aller encore plus loin, je te recommande d’écouter d’autres arrangements de ce titre par des saxophonistes comme Dave Koz ou Candy Dulfer — des approches très différentes qui te montreront à quel point un même riff peut être réinterprété avec sa propre personnalité.

Baker Street, c’est bien plus qu’un exercice de répertoire. C’est une porte d’entrée vers la compréhension du son, du phrasé, et de ce qui fait qu’un saxophone peut arrêter quelqu’un dans la rue. Tu as tout ce qu’il faut pour t’y mettre sérieusement — alors pose cette partition devant toi, mets le casque, et écoute encore une fois ce riff légendaire avant de jouer. Le voyage en vaut vraiment la peine.

Voir aussi en vidéo

La "gamme MIb" majeur pour saxophone

Si cet article t’a aidé, je t’invite à explorer les autres ressources du blog — tu y trouveras des guides sur le phrasé, la technique, et des morceaux du même style à apprendre étape par étape. Et si tu as des questions sur Baker Street ou sur d’autres morceaux, n’hésite pas à les laisser en commentaire : je réponds toujours avec plaisir.

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