0

Baker Street au saxophone : comment apprendre ce riff emblématique

Lively parade features a brass band marching through city streets, creating a festive atmosphere.

Ce riff qui vous arrête dans la rue

Tu connais forcément cette sensation. Tu entends les premières notes, et tu te figes. Quatre mesures de saxophone, et toute une époque remonte à la surface. Baker Street au saxophone, c’est l’un de ces riffs qui transcende les générations — et qui fait rêver absolument tous les saxophonistes, du débutant qui tient son instrument depuis trois mois jusqu’au professionnel aguerri.

Group of musicians performing with saxophone and microphone under soft lights, exuding elegance and joy.
Photo : Yan Krukau via Pexels

La première fois que j’ai entendu Gerry Rafferty en 1978, j’avais à peine l’âge de tenir un instrument. Mais quand j’ai finalement eu un saxophone entre les mains des années plus tard, ce riff était l’une de mes toutes premières obsessions. Je me souviens avoir passé des heures à essayer de retrouver ces notes à l’oreille, avant de comprendre pourquoi ça ne sonnait pas tout à fait comme sur l’enregistrement. Aujourd’hui, je vais te faire gagner ce temps que j’ai perdu.

Comprendre le riff avant de le jouer

Avant de foncer tête baissée sur ton saxophone, prends deux minutes pour analyser ce qui rend ce riff si reconnaissable. C’est une étape que beaucoup de mes élèves sautent — et c’est une erreur que j’ai moi-même commise pendant des années.

La tonalité et la transposition

Le titre original de Gerry Rafferty est joué en Mi majeur (E major). Mais attention : si tu joues du saxophone alto ou baryton (instruments en Mi bémol), tu devras transposer. Et si tu joues du ténor ou soprano (instruments en Si bémol), la transposition est différente encore.

  • Saxophone ténor ou soprano (en Si bémol) : joue en Fa# majeur pour sonner en Mi à l’oreille
  • Saxophone alto ou baryton (en Mi bémol) : joue en Do# majeur pour sonner en Mi à l’oreille

C’était ma grande erreur au début : je jouais les notes « justes » sur ma partition, mais ça ne correspondait pas à ce que j’entendais sur l’enregistrement. Si tu veux jouer avec la version originale ou avec d’autres musiciens qui jouent des instruments dits « en do » (piano, guitare, flûte), cette transposition est indispensable.

La structure du riff

Le riff de Baker Street se compose essentiellement de phrases courtes et répétitives, articulées autour d’une gamme pentatonique majeure mâtinée de quelques notes de blues. C’est ce mélange subtil qui lui donne ce caractère à la fois lumineux et légèrement mélancolique. Rafferty avait confié l’exécution au saxophoniste Raphael Ravenscroft — qui, selon la légende, aurait été payé une simple session fee de 27 livres sterling pour l’un des riffs les plus reconnus au monde. Petite anecdote qui me fait toujours sourire quand j’en parle à mes élèves…

Apprendre le riff étape par étape

Voici la méthode que j’utilise avec mes élèves, et qui fonctionne vraiment bien même si tu débutes depuis moins d’un an.

Etape 1 : Ecoute active avant de jouer

Avant de poser les doigts sur ton instrument, écoute la chanson cinq fois de suite en te concentrant uniquement sur le saxophone. Fredonne le riff à voix haute. Ressens le phrasé, les légères inflexions, les moments de respiration. Le baker street saxophone original a une expressivité particulière — ce n’est pas juste une suite de notes, c’est une voix. Et cette voix, tu dois l’avoir dans la tête avant de la sortir de ton instrument.

Etape 2 : Travailler phrase par phrase, lentement

Le riff se découpe naturellement en trois ou quatre segments. Commence par le premier (les quatre premières mesures), joue-le à 50% du tempo original. Je recommande d’utiliser une application comme Amazing Slow Downer ou simplement YouTube avec la fonction de ralentissement. L’objectif ici n’est pas de briller, c’est de construire la mémoire musculaire correctement dès le départ.

  1. Isole la première phrase (mesures 1 à 4) et répète-la 10 fois de suite proprement
  2. Passe à la deuxième phrase sans revenir en arrière
  3. Enchaîne les deux phrases ensemble
  4. Continue ainsi jusqu’à avoir le riff complet
  5. Augmente progressivement le tempo sur plusieurs jours

Etape 3 : Travailler le son, pas seulement les notes

C’est là où beaucoup de saxophonistes buttent — et où je me suis moi-même planté longtemps. Tu peux jouer toutes les bonnes notes dans le bon ordre, et le riff peut quand même sonner « faux » parce que le son, lui, n’y est pas.

Quelques points techniques à surveiller :

  • Le vibrato : Ravenscroft utilise un vibrato discret mais présent sur les notes tenues. Évite d’en mettre trop — l’effet serait kitsch. Un vibrato léger, naturel, suffit amplement.
  • L’articulation : Le riff est majoritairement legato, avec quelques coups de langue discrets sur certaines attaques. Évite de trop articuler, ça tue le groove immédiatement.
  • La pression d’anche : Sur les notes aigues du riff, résiste à la tentation de mordre l’anche. Appuie plutôt sur ton soutien de souffle — le son sera bien plus ouvert et proche de l’original.

Les erreurs classiques à éviter

En vingt ans de pratique et d’enseignement, j’ai vu (et fait) à peu près toutes les erreurs possibles sur ce morceau. En voici les plus fréquentes pour que tu les évites d’emblée.

Jouer trop fort dès le début

Le riff de Baker Street a une dynamique pensée, une sorte de retenue élégante avant l’explosion émotionnelle. Beaucoup de mes élèves attaquent à fond, fortissimo, pensant que c’est ce que ça demande. En réalité, c’est le contraire : commence mezzo-forte, laisse la phrase respirer, et réserve l’intensité pour les moments où elle compte vraiment.

Négliger la respiration

Le riff dure plusieurs mesures et il y a des moments précis où Ravenscroft prend sa respiration — des micro-silences qui font partie du phrasé. Si tu souffles en continu sans respecter ces respirations naturelles, le riff perd toute sa musicalité. Repère ces moments à l’écoute et intègre-les dans ton jeu.

Oublier le contexte harmonique

Si tu joues Baker Street avec d’autres musiciens ou sur une backing track, prends le temps de bien identifier la progression d’accords. Le riff interagit avec des accords de Mi, Si, et La — et comprendre cette structure t’aidera à adapter ton interprétation et à improviser autour du thème si l’envie te prend.

Aller plus loin avec ce morceau

Une fois que tu maîtrises le riff principal, Baker Street peut devenir un véritable terrain de jeu. Tu peux travailler les couplets (moins connus mais très agréables à jouer), puis te lancer dans une petite improvisation sur la grille harmonique du morceau. C’est un excellent exercice pour travailler la gamme pentatonique en contexte réel.

Personnellement, j’utilise Baker Street régulièrement comme morceau de « démonstration détendue » lors de mes cours — quand je veux montrer à un élève ce qu’un son ouvert, une bonne respiration et un vibrato naturel peuvent apporter. Le morceau est suffisamment connu pour que l’élève entende immédiatement la différence entre une version technique et une version musicale. Et cette différence, c’est tout ce qui compte au fond.

Si tu veux aller encore plus loin, je te recommande d’écouter d’autres arrangements de ce titre par des saxophonistes comme Dave Koz ou Candy Dulfer — des approches très différentes qui te montreront à quel point un même riff peut être réinterprété avec sa propre personnalité.

Baker Street, c’est bien plus qu’un exercice de répertoire. C’est une porte d’entrée vers la compréhension du son, du phrasé, et de ce qui fait qu’un saxophone peut arrêter quelqu’un dans la rue. Tu as tout ce qu’il faut pour t’y mettre sérieusement — alors pose cette partition devant toi, mets le casque, et écoute encore une fois ce riff légendaire avant de jouer. Le voyage en vaut vraiment la peine.

Voir aussi en vidéo

La "gamme MIb" majeur pour saxophone

Si cet article t’a aidé, je t’invite à explorer les autres ressources du blog — tu y trouveras des guides sur le phrasé, la technique, et des morceaux du même style à apprendre étape par étape. Et si tu as des questions sur Baker Street ou sur d’autres morceaux, n’hésite pas à les laisser en commentaire : je réponds toujours avec plaisir.

A lire aussi sur le blog

facebooktwittergoogle plus

0

Careless Whisper au saxophone : histoire, technique et conseils pour le jouer

A black and white image of a saxophonist playing at a bustling night market.

Il y a des morceaux qui marquent à vie. Careless Whisper au saxophone fait partie de ces œuvres que tu entends une fois et que tu n’oublies plus jamais. Je me souviens exactement de la première fois où j’ai entendu ce riff d’introduction — j’avais 14 ans, j’étais dans la cuisine de mes parents, et George Michael venait de commencer à chanter. Quatre mesures de saxophone, et j’étais convaincu que c’était ce que je voulais faire de ma vie.

Vingt ans plus tard, c’est encore l’un des morceaux que mes élèves me demandent le plus souvent d’apprendre. Et je les comprends. Ce titre a quelque chose de magnétique, presque irrésistible. Mais derrière son apparente simplicité se cachent quelques pièges que j’aimerais t’aider à éviter.

L’histoire derrière ce riff légendaire

Sorti en 1984, Careless Whisper est officiellement crédité à George Michael et Andrew Ridgeley (les deux membres de Wham!). Mais la partie saxophone, elle, est l’œuvre d’un musicien de session dont le nom mérite d’être connu : Steve Gregory, saxophoniste ténor britannique qui a mis en vie ces quatre mesures d’intro devenues l’une des lignes de sax les plus reconnaissables de l’histoire de la pop.

A young girl practicing saxophone indoors, capturing the essence of musical learning.
Photo : cottonbro studio via Pexels

Ce qui est fascinant, c’est que George Michael avait composé la mélodie principale dans un bus à l’âge de 17 ans — sans instrument, juste dans sa tête. Cette ligne sifflotée, presque improvisée mentalement, est devenue un standard mondial. Le saxophone ténor a été choisi pour sa chaleur, sa rondeur, et cette capacité unique à imiter la voix humaine dans les registres médium-grave. Un choix parfait pour une chanson sur la culpabilité et la mélancolie.

Fun fact : la version enregistrée à Miami avec un autre saxophoniste avait été jugée trop « propre » par George Michael. C’est finalement Steve Gregory, à Londres, qui a apporté ce léger vibrato expressif et ce grain émotionnel qu’on connaît tous. Une leçon précieuse : la technique parfaite ne suffit pas, l’émotion doit transparaître.

Anatomie du riff : ce qui se passe vraiment

Sur le papier, le riff de Careless Whisper semble accessible. Quelques notes, une mélodie simple, une tonalité claire (ré mineur). Mais en pratique, c’est là que les choses deviennent intéressantes.

La tonalité et la transposition

Le morceau original est en ré mineur pour un instrument en do (piano, flûte…). Si tu joues du saxophone alto (en mi bémol), tu devras transposer en si mineur. Si tu joues du saxophone ténor (en si bémol), tu joueras en mi mineur. La plupart des partitions disponibles en ligne sont déjà transposées pour chaque instrument — vérifie toujours ce détail avant de commencer à apprendre.

Le phrasé et le legato

C’est là que beaucoup d’élèves butent. Ce riff n’est pas une succession de notes détachées — c’est un legato presque parfait, un enchaînement fluide qui imite une voix qui glisse d’une syllabe à l’autre. Techniquement, cela signifie :

  • Minimiser les attaques de langue entre les notes liées
  • Soigner les liaisons descendantes, qui ont tendance à perdre du volume
  • Maintenir une pression d’air constante tout au long de la phrase
  • Ne pas « décoller » les doigts trop haut des clés pour fluidifier les changements

Le vibrato, l’ingrédient secret

Steve Gregory utilise un vibrato chaud et naturel sur les notes tenues. Ce vibrato n’est pas uniforme — il s’installe progressivement sur la note, comme une voix humaine qui prend de l’assurance. Si tu démarres le vibrato trop tôt ou trop mécaniquement, ça sonnera artificiel.

Mon conseil : écoute l’enregistrement original au casque, en boucle, sur les notes longues uniquement. Essaie de reproduire exactement la « vague » du vibrato — sa vitesse, son amplitude, son timing. C’est comme apprendre un accent : l’oreille guide les doigts.

Conseils pratiques pour apprendre le morceau étape par étape

Voilà comment j’aborde cet apprentissage avec mes élèves, et ce qui fonctionne vraiment sur le long terme.

Etape 1 : l’écoute active avant de jouer

Avant de sortir le saxophone du case, écoute le morceau au moins cinq fois en te concentrant uniquement sur la partie saxophone. Fredonne la mélodie. Intègre-la physiquement. Ce travail mental est souvent négligé, mais il réduit le temps d’apprentissage de façon impressionnante.

Etape 2 : travailler le riff lentement, sans vibrato

Dans un premier temps, joue le riff d’introduction sans vibrato, très lentement, en te concentrant sur la justesse des notes et la fluidité des doigtés. Un métronome à 50% du tempo d’origine est un bon point de départ. Le but ici n’est pas de sonner bien — c’est de programmer les bons mouvements dans ta mémoire musculaire.

Etape 3 : travailler le souffle et le legato

Reprends chaque groupe de notes liées et joue-les sur une seule colonne d’air, sans aucune attaque de langue. Puis réintroduis progressivement des attaques très douces (syllabe « du » plutôt que « tu ») uniquement là où c’est noté dans la partition. Cette étape transforme littéralement le son.

Etape 4 : ajouter le vibrato progressivement

Une fois que le phrasé de base est propre, commence à travailler le vibrato sur les notes longues uniquement. Commence par les notes dont la valeur est supérieure à une noire. Puis, au fur et à mesure, affine le placement et l’intensité du vibrato pour coller à l’enregistrement original.

Etape 5 : jouer avec l’accompagnement

Il existe d’excellentes pistes d’accompagnement (backing tracks) pour Careless Whisper sur YouTube et dans diverses applications. Jouer avec une vraie piste — basse, batterie, claviers — change tout. Tu vas naturellement ajuster ton tempo, ton volume, ta musicalité. C’est là que le morceau prend vraiment vie.

Les erreurs les plus fréquentes (et comment les éviter)

En 20 ans d’enseignement, j’ai entendu des dizaines de versions de ce morceau. Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent :

  • Jouer trop fort dès le départ. Ce riff est intime, presque murmuré. Le volume doit être modéré, expressif, pas démonstratif.
  • Négliger les notes courtes. Les croches de passage sont souvent bâclées au profit des notes longues. Or ce sont elles qui donnent le mouvement et la fluidité.
  • Vibrato trop rapide et trop large. Ça donne un effet « chèvre » qui nuit totalement à l’expressivité. Le vibrato de Steve Gregory est lent, ample et contrôlé.
  • Ne pas connaître le reste du morceau. Beaucoup d’élèves apprennent l’intro et s’arrêtent là. Mais les phrases qui suivent le chant sont tout aussi belles et méritent d’être travaillées.

Quel saxophone pour jouer Careless Whisper ?

Techniquement, tu peux jouer ce morceau sur n’importe quel saxophone — alto, ténor, soprano. Mais l’enregistrement original est au saxophone ténor, et pour une bonne raison : son registre grave chaud et velouté correspond parfaitement à l’ambiance du morceau. Si tu as accès à un ténor, c’est clairement lui que je te recommande pour cette pièce.

Sur alto, le rendu est tout à fait valable, mais le timbre sera plus aigu, plus « léger ». Ce n’est pas un défaut — simplement une couleur différente. J’ai un élève qui joue ce morceau à l’alto soprano avec une expressivité remarquable. L’instrument compte moins que l’intention musicale.

Du côté des anches, pour ce type de musique pop/soul, une anche légèrement souple (force 2 à 2,5) facilitera le legato et le vibrato. Une anche trop dure rendra le son raide et l’expressivité difficile à obtenir.

Un morceau, une leçon de musicalité

Ce que j’aime profondément dans l’enseignement de Careless Whisper, c’est que ce morceau oblige à travailler la musicalité avant la virtuosité. Il n’y a pas de passages techniques acrobatiques. Ce qui est difficile, c’est de faire ressentir quelque chose à celui qui écoute. C’est la vraie difficulté de la musique, et c’est ce qui la rend si noble.

Si tu arrives à jouer ce riff d’une façon qui donne des frissons — à toi d’abord, puis aux autres — alors tu as compris quelque chose d’essentiel sur le saxophone. Pas seulement sur les doigtés ou les gammes, mais sur pourquoi on fait de la musique.

Voir aussi en vidéo

{intro careless whisper} Comment faire les effets sonores au saxophone

Alors prends ton instrument, écoute l’original encore une fois, et lance-toi. Et si tu veux continuer à progresser sur ce type de répertoire, explore le reste du blog — tu y trouveras des guides sur le phrasé, le vibrato, et bien d’autres morceaux incontournables qui te feront grandir en tant que musicien. À très vite !

A lire aussi sur le blog

facebooktwittergoogle plus

0

10 morceaux faciles pour débuter le saxophone dès les premières semaines

Military band playing in a parade with musicians in white uniforms and saxophones outdoors.

Tu viens de commencer le saxophone, tu maîtrises quelques notes de base, et là vient la grande question : mais qu’est-ce que je peux jouer concrètement ? Les exercices de gammes, c’est bien. Les long tones, c’est indispensable. Mais rien ne remplace la satisfaction de reconnaître une vraie mélodie sous tes doigts. Je me souviens exactement de ce moment, 20 ans en arrière, où j’ai joué ma première vraie chanson en entier. C’était « Au clair de la lune ». Pas très glamour sur le papier, mais ce soir-là, j’ai compris pourquoi je m’étais lancé dans cet instrument.

Cette liste de morceaux faciles saxophone débutant est construite sur un critère simple : est-ce que tu peux y arriver dans tes premières semaines, tout en ressentant le plaisir de jouer ? La réponse est oui, pour chacun des titres ci-dessous.

Pourquoi choisir le bon répertoire dès le départ change tout

J’ai eu des élèves qui ont failli abandonner dans les deux premiers mois. Pas parce qu’ils manquaient de talent ou de motivation, mais parce qu’ils s’étaient lancés sur des morceaux bien trop difficiles pour leur niveau. Un étudiant en particulier voulait à tout prix jouer « Baker Street » dès la troisième semaine. Résultat : frustration, fausses notes à répétition, et une confiance en chute libre.

Stylish couple enjoying a romantic dance outdoors with saxophone music.
Photo : RDNE Stock project via Pexels

Le bon répertoire de débutant doit remplir trois critères :

  • Une tessiture limitée : idéalement dans le registre médium du saxophone, entre le Do grave et le Ré aigu
  • Un rythme simple : des noires, des blanches, des rondes — pas de triolets ou de syncopes complexes
  • Une mélodie reconnaissable : parce que ton oreille te guide quand ta technique vacille encore

Garde ces critères en tête : ils t’aideront à évaluer n’importe quel morceau que tu voudras aborder à l’avenir.

Les 10 morceaux pour démarrer avec plaisir

1. Au clair de la lune

Oui, je sais. Ça fait sourire. Mais cette mélodie n’utilise que 4 notes différentes et un rythme ultra régulier. C’est le morceau parfait pour travailler ta qualité sonore sans te soucier de la lecture. Concentre-toi sur la rondeur de chaque note.

2. Jingle Bells

Disponible toute l’année pour travailler, même si on l’associe à Noël. Sa mélodie monte et descend de façon très prévisible, ce qui en fait un excellent exercice de liaison entre les notes. Bonus : tout le monde la reconnaît, ce qui booste ta motivation.

3. Ode à la joie — Beethoven

Un grand classique de l’apprentissage instrumental, et pour de bonnes raisons. La mélodie principale de la 9ème symphonie tient dans une octave, avec des intervalles conjoints pour la majorité du morceau. C’est aussi un excellent prétexte pour travailler le legato et le souffle long.

4. Happy Birthday

Voilà un morceau qui te rendra immédiatement utile en société. Il introduit une légère syncope rythmique avec le triolet d’anacrusse, mais rien d’insurmontable dès la première semaine. Et quand tu le sortiras à l’anniversaire de quelqu’un, je te garantis l’effet garanti.

5. La Marseillaise

Attention, on ne parle pas de la version complète avec tous ses couplets. Juste le thème principal. Il est plus exigeant que les précédents en termes de rythme pointé, mais c’est justement pour ça que je l’inclus ici : il t’apprend à articuler clairement et à gérer les notes courtes enchaînées.

6. Smoke on the Water — Deep Purple

Le riff emblématique de Deep Purple dans sa version mélodique (pas le riff de guitare avec les quintes, mais la ligne de basse adaptée au sax). Quatre notes, un groove immédiat. Mes élèves adolescents adorent ce morceau, et honnêtement, moi aussi. C’est une porte d’entrée parfaite vers la musique rock.

7. Summertime — Gershwin (thème simplifié)

Tu te demandes peut-être si c’est raisonnable d’inclure Gershwin dans une liste de morceaux faciles pour saxophone débutant. En version simplifiée, oui, absolument. Le thème principal de Summertime est lent, expressif, et tient dans un ambitus très confortable. C’est l’occasion d’explorer le vibrato si tu commences à en avoir un, et surtout de ressentir ce que veut dire jouer avec intention.

8. Seven Nation Army — The White Stripes

Même principe que Smoke on the Water : un riff mondialement reconnu, transposé en ligne mélodique simple. Il introduit des sauts d’intervalles légèrement plus grands (une tierce, une quinte), ce qui en fait une bonne progression après les mélodies conjointes des premières semaines.

9. La Cucaracha

Un peu de rythme et de couleur latine ! Ce morceau est parfait pour travailler les notes répétées avec une attaque de langue claire. C’est d’ailleurs un exercice déguisé en morceau amusant : chaque note répétée t’oblige à bien utiliser ta langue sans interrompre ton souffle. Un vrai challenge technique emballé dans une mélodie festive.

10. Billie Jean — Michael Jackson (intro mélodique)

L’intro de Billie Jean transposée au saxophone, c’est du bonheur pur. La ligne est hypnotique, répétitive juste ce qu’il faut, et elle t’apprend à gérer les silences — ces fameux rests qui donnent le groove. J’ai eu un élève de 50 ans qui a redécouvert sa passion pour la musique grâce à ce morceau. Il ne pensait pas être « fait pour ça », et pourtant.

Comment aborder ces morceaux concrètement

Avoir une liste, c’est bien. Savoir comment travailler ces morceaux, c’est encore mieux. Voici ma méthode en quatre étapes, celle que j’utilise avec tous mes nouveaux élèves :

  1. Chante la mélodie d’abord : avant même de porter le saxophone à ta bouche, chante ou fredonne le morceau. Ton oreille interne est ton meilleur guide.
  2. Déchiffre lentement, note par note : pas de précipitation. Identifie chaque note sur ta partition, place tes doigts, puis joue. Un tempo très lent au début, vraiment très lent.
  3. Travaille par courtes phrases : découpe le morceau en segments de 2 à 4 mesures et maîtrise chacun avant de passer au suivant.
  4. Ajoute le tempo progressivement : une fois les doigtés en place, utilise un métronome. Commence à 50% du tempo final, puis augmente par paliers de 5 BPM.

Une erreur très fréquente que je vois chez les débutants : jouer trop vite trop tôt. La vitesse viendra naturellement avec la répétition. Ce qui compte dans un premier temps, c’est la précision des doigtés et la régularité du son.

Et après ces 10 morceaux ?

Une fois que tu te sens à l’aise sur plusieurs de ces titres — et j’insiste sur « à l’aise », pas juste « j’y arrive en me concentrant très fort » — tu peux commencer à explorer des mélodies légèrement plus exigeantes. Des morceaux avec quelques dièses ou bémols à la clé, des rythmes avec des croches, ou encore tes premières aventures dans le registre aigu du saxophone.

Le bon indicateur pour passer à l’étape suivante : tu peux jouer le morceau de A à Z, à un tempo raisonnable, en pensant à ton son plutôt qu’à tes doigts. Quand les doigts deviennent automatiques, tu es prêt pour la suite.

N’oublie pas non plus que ces morceaux ne sont pas réservés aux débutants absolus. Revenir sur une mélodie simple avec un regard plus avancé, c’est souvent là qu’on découvre la vraie profondeur d’une phrase musicale. J’y reviens régulièrement moi-même dans mon échauffement.

Lance-toi, note après note

Le saxophone est un instrument qui récompense la régularité et la patience. Chacun de ces morceaux est une petite victoire accessible, une pierre posée dans la construction de ton jeu. Ne cherche pas à tout maîtriser en une semaine : savoure chaque progrès, aussi petit soit-il.

Voir aussi en vidéo

Comment trouver la tonalité d'un morceaux au "saxophone"

Si tu t’es retrouvé dans l’un des portraits de mes élèves mentionnés ici, si tu as envie d’aller plus loin dans ton apprentissage, explore les autres articles du blog. Tu trouveras des guides sur les gammes, les anches, la respiration, et bien d’autres sujets qui t’aideront à construire une vraie fondation solide. La route est longue, mais je peux te promettre une chose : elle est passionnante à chaque tournant.

A lire aussi sur le blog

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
facebooktwittergoogle plus