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Interview eric maillet saxophoniste et enseignant en conservatoire

Salut ami musicien !

Dans cette interview d’Éric MAILLET, saxophoniste et enseignant en conservatoire,
j’ai réuni les questions qui reviennent le plus souvent. J’espère que ça pourra t’aider à commencer le saxophone ou t’encourager à continuer.

Voici les questions que je lui ai posées, afin qu’il puisse nous partager son expertise ainsi que son expérience :

– Qu’est ce qui t’a plu dans le saxophone et pourquoi as-tu choisi d’en faire?

– Quelle marque de saxophone conseilles-tu aux débutants ?

– On sait qu’il y a une grande famille de saxophones (alto, tenor, soprano etc…) Par quel saxophone un débutant peut- il commencer ?

– Quelle marque d’anche conseilles-tu aux débutants, et quelle force ?

– As-tu une astuce pour jouer en sourdine ?

– Quels conseils peux-tu donner à ceux qui ont envie de se lancer dans l’apprentissage du saxophone, mais qui hésitent parce qu’ils pensent être trop âgés, trop jeunes, pas assez de temp… Ceux qui se cherchent des excuses ?

– Quelle est selon toi la chose la plus importante à travailler au saxophone ?

– Comment fais-tu pour te motiver à progresser ?

À tout de suite !


Interview Éric Maillet saxophoniste et enseignant en conservatoire

transcription:

Alors bonjour et bienvenue sur cette nouvelle vidéo du blog Cours-Saxophone.com. Je suis Jonathan, et dans cet épisode je vais interviewer Éric Maillet qui est saxophoniste et enseignant dans un conservatoire à rayonnement départemental. Alors, bonjour Éric.
Bonjour Jonathan.
J’espère que ça va.
Bien, très bien. Comme tu vois, je suis entouré de ma petite bibliothèqu

e, impeccable.
Donc, bien, je te laisse te présenter pour que les auditeurs puissent te connaître un peu plus.
Et bien, écoute, comme tu l’as dit, je suis saxophoniste, donc je mets tout de suite un petit peu la différence : le saxophoniste a une formation classique. Je pratique assez peu le jazz même si je le joue beaucoup, mais disons que c’est pas mon intention première, j’aime la musique classique et j’aime travailler mon instrument dans cette orientation-là, la technique, etc. Je suis donc saxophoniste et j’enseigne dans un conservatoire à rayonnement départemental, en Ile-de-France et voilà. J’ai le plaisir d’être avec vous aujourd’hui et de pouvoir répondre à tes questions.
D’accord. Et tu enseignes aussi la clarinette, c’est ça ?
Oui, j’enseigne aussi la clarinette, même si c’est pas ma première fonction.
D’accord.
Je ne me dis pas clarinettiste quand même. Clarinettiste, c’est autre chose que ce que j’en fais.
Ok. Donc alors, ma première question, c’est : qu’est-ce qui t’as plu dans le saxophone et pourquoi tu as choisi d’en faire ?
Alors, en fait, c’est un peu le hasard, c’est toujours pareil, hein, l’adolescence, je sortais de trois années de pensionnat, et donc j’aimais beaucoup la musique, on était avec un petit groupe de gens qui aimaient la musique, plutôt la musique qui était un peu plus, qui n’avait rien à voir avec le saxophone parce que c’était plutôt rock, mais du coup sur un morceau il y a eu sûrement du saxo, j’ai un peu perdu le pourquoi du comment, mais, voilà, en sortant de cette institution, je me suis dit, je vais avoir du temps, je vais pouvoir apprendre la musique. Et donc, j’ai été voir au conservatoire à côté de chez moi, le professeur de saxophone, et donc, il a commencé, voilà. J’ai commencé, tout le plus simplement du monde, et ça m’a plu, voilà. Pour une fois, j’avais quelqu’un qui m’encourageait, qui me félicitait quand j’avais bien travaillé. Il y avait une relation aussi, ce que j’ai bien aimé dans l’apprentissage instrumental, c’est qu’on nous met pas dans un groupe, on est avec son maître, son enseignant, et donc il y a un face-à-face, une complicité qui s’instaure, et donc.
C’est important, ça.
C’est beaucoup plus direct, c’est beaucoup plus, voilà. C’est beaucoup plus, moi j’ai besoin de ça pour pouvoir progresser, pour pouvoir me sentir bien, donc c’est quelque chose qui m’a plu, c’est je pense un global. L’instrument, bien voilà, m’a fait toujours un peu rêver, et puis quand on est jeune, on pense que c’est un instrument qui peut pas passionné voilà. Il est beau, ça brille. Beaucoup de gens viennent justement parce qu’ils trouvent que l’instrument est très beau.
Et qu’il brille.
Voilà. Ils savent pas bien ce qu’ils veulent en faire, mais c’est normal, c’est le début.
Ok, ça marche. Ok, donc alors, ensuite, quelle marque conseilles-tu aux débutants ? Quelle marque de saxophone conseilles-tu aux débutants ?
Alors, il y a beaucoup de, maintenant on a la chance d’avoir énormément de marques d’instruments, de saxophones, le marché s’est énormément élargi. Moi quand j’ai débuté, il y avait très très peu de marques d’instruments, on va dire, d’étude. Il y en avait une principalement, c’était Yamaha, donc, bon. J’ai eu la chance moi, parce que dans ce conservatoire il y avait pas mal d’instruments, de pouvoir bénéficier directement d’un saxophone Selmer. Donc, ça c’est aussi un atout, parce qu’on se sent valorisé par l’instrument sur lequel on joue. Il faut pas se mentir, je pense c’est important d’avoir un instrument de qualité de manière à se sentir valorisé par ce qu’on a entre les mains, forcément, si on a quelque chose qu’on sait être de piètre qualité, ben, on dira que, voilà, si on a ça, c’est qu’on vaut pas mieux, et cetera, et cetera. Donc moi, je trouve que c’est important de débuter avec un saxophone de bonne qualité. Alors bien sûr, dans les marques de saxophones professionnels, on va parler de la marque Selmer, parce que c’est quand même la marque de référence, une marque de référence mondiale, française, qui plus est, c’est bien de le valoriser. Maintenant, pour les saxophones d’étude, je préfère utiliser un saxophone de chez Yamaha, parce qu’ils ont une grande, grande expérience de, bien voilà, de cet instrument, et puis cela fait de longues années, puisqu’ils ont été un peu les précurseurs, et ils ont beaucoup amélioré leurs saxophones, alors il y a d’autres, d’autres instruments d’étude. On pourrait en citer deux ou trois : il y a bien sûr Buffet Crampon, qui a aussi un modèle, voilà, d’étude. Qu’est-ce que je pourrais donner comme autre marque, pour en avoir trois ? Jupiter. Voilà, on va dire que c’est les trois grandes marques qui sont un peu dans les mêmes tarifs, débutants. Bon, moi, j’ai une préférence plutôt pour Yamaha, parce que aussi depuis des années c’est l’instrument que je recommandais à mes élèves débutants. Je pense qu’il vaut mieux un bon Yamaha, d’occasion, s’il a pu être testé par un professionnel, ou par un professeur, qu’un instrument d’une autre catégorie et d’une autre marque un peu moins réputé, qui sera dans les mêmes tarifs à peu près, neuf cent-cinquante, mille euros, ou d’occasion six cents, sept cents euros pour avoir un bon instrument. Voilà, on sait qu’on ne va pas être limité et on se sentira valorisé par l’instrument aussi, dans son apprentissage.
Et aussi, ce qui est important, c’est de savoir en quoi on va voir la mauvaise qualité du saxophone, si jamais on prend quelque chose, il y a plein de choses, de marques qui sortent, des saxos qui coûtent neufs, trois cent-cinquante euros, quatre cents euros. Quels sont les risques d’acheter un saxophone comme ça ?
Bien, le premier risque c’est que ça fonctionne mal. Ça veut dire que même à l’achat, sortie d’usine, ça peut être de mauvaise, de piètre qualité quoi. Donc, c’est pas parce qu’il est neuf qu’il est forcément, qu’il fonctionne forcément. Donc, généralement, ce sont des saxophones qui sont lourds, qui n’ont pas été étudiés, voilà, à fond il y a un suivi aussi qui est moins important. Bon, je veux pas trop rentrer dans le côté négatif, mais la musique c’est très difficile, jouer du saxophone, c’est difficile même si on considère que c’est pas l’instrument le plus difficile, mais voilà. Il faut voir aussi qu’il y a des saxophones qui vont pouvoir durer sept, huit ans sans beaucoup d’investissements, il y a des saxophones qui vont sonner très bien, d’autres qui en quelques semaines vont se dégrader rapidement, voilà. Il y a la qualité de son, il y a la qualité, la facilité d’émission, hein, forcément. C’est à mon avis la chose le plus, ce qui doit déterminer le choix d’instrument, c’est la qualité d’émission, la facilité d’émission, la justesse bien sûr, mais ça quand on est débutant, on ne peut pas s’en rendre compte au premier abord. Donc, je dirais que si on a les conseils d’un professionnel, si quelqu’un, un professionnel ou un très bon amateur peut essayer l’instrument, on peut tenter le coup, après tout, pourquoi pas, il peut y avoir dans les saxophones à quatre cent-cinquante euros, neufs, de bonnes surprises, mais si on n’a aucune possibilité d’essayer l’instrument ou de savoir le souffler, voilà, les trois marques que j’ai citées, c’est peut-être, ces trois marques c’est le thème où il faut aller, pour être sûr que le problème, quand on souffle dedans, que le problème ne vient pas de l’instrument.
Voilà, c’est ça. Selmer, Yamaha et Jupiter.
Voilà, on peut rajouter Buffet aussi.
Oui, Buffet. Moi j’aurais dit Yanagisawa, mais je sais pas ce que t’en penses.
Il y a Yanagisawa mais ils ont une gamme déjà au-dessus.
Oui, c’est sûr.
Pour SLM, c’est semi-pro déjà.
Oui. Alors, ma prochaine question c’est savoir, parce que souvent on me demande, par quel saxophone, je dois commencer, comme c’est une grande famille, il y a le bariton, le ténor, l’alto, le soprano, le sopranino, il y a même encore plus bas que bariton.
Il n’y a pas vraiment de règle, l’école, on va dire, traditionnelle, veut qu’on démarre, qu’on débute le saxophone par la saxophone alto, c’est l’école du saxophone, tous les grands concertos pour saxophone, les grandes pièces ont été écrites, enfin beaucoup, ont été écrites pour saxophones alto. Donc c’est un peu la tradition maintenant, on voit que si l’enfant a sept ans, si on débute, on veut faire débuter un jeune d’enfant, sept ans, en fonction de la taille de l’élève, même le saxophone alto va être imposant pour lui, donc le saxophone soprano court, c’est une bonne alternative pour aller de sept à neuf ans, on va dire, voilà. Sur les deux premières années, ça permet de l’initier, et de démarrer l’apprentissage un peu plus tôt que sur un alto. Maintenant si on est adulte, je dirais qu’il n’y a pas de limite, on choisit l’instrument qui nous plaît, et puis, à partir du moment où on enseigne pour le plaisir, pour l’envie d’apprendre à jouer un instrument de musique, je ne vois pas pourquoi on se limiterait au saxophone alto, donc ça peut être le saxophone ténor, c’est généralement celui qui est le plus demandé dans le cours adulte, parce que c’est l’instrument un peu roi du jazz et qu’on voit sur toutes les affiches et cetera donc les gens , voilà. Maitenant, on peut tout à fait démarrer par un soprano, ou le saxophone bariton, pourquoi pas, il faut savoir que ce sont un peu les extrêmes, donc dès qu’on commence à être dans des registres un peu plus extrêmes, viennent s’ajouter d’autres problèmes au niveau de l’émission des sons et puis alors au niveau de la justesse, voilà.

Il n’y a pas de limite ?
Il n’y a pas de limite, mais on sait très bien que l’apprentissage idéal sera sur un alto ou un ténor, je dirais un alto pour un enfant, un étudiant de douze à dix-huit ans, en-dessous l’alto soprano entre neuf et douze ans, on reste sur l’alto, on peut être aussi sur un alto, un ténor si vraiment l’élève est, a la morphologie pour voilà quand on a envie de pratiquer cet instrument. Après, au-delà de dix-huit ans, voilà, une fois qu’on est adulte, on choisit son instrument et puis voilà, c’est l’instrument qu’on a envie de pratiquer, pourquoi ne pas démarrer au ténor, soprano, je le conseillerais un peu moins mais bon. Il faut essayer d’accompagner l’élève, en fonction des difficultés de l’instrument, et de pouvoir s’adapter de manière à offrir le plus de possibilités à chacun. Il n’y a pas de contre-indications ni morphologiques, et une fois qu’on est adulte, voilà, le tout c’est ensuite d’aimer son instrument et de le pratiquer le plus régulièrement possible.
Oui, d’être motivé, en fait.
Exactement.
C’est ça. Alors, ensuite, ce que je vais demander c’est : quelle marque d’anche tu préconises et la force que tu conseilles pour un débutant?
Alors, bon, pour les gens, c’est une affaire de goûts, bien sûr, il y a de très grands musiciens qui jouent sur plein de, de marques d’anches et de forces différentes. Il faut savoir que la musique c’est un élément de physique acoustique, on peut dire, donc le tout c’est qu’il faut que ça fonctionne. Donc, c’est-à-dire de ne pas faire les choses complètement, qui mécaniquement, je dirais, physiquement, ne fonctionneraient pas. Bon, si on doit citer des marques, bien je vais encore citer une marque française pour rester, voilà, un peu cocorico, mais réputée mondialement. Donc Vandoren, c’est quand même une des plus grandes marques, ils ont maintenant aussi un catalogue de types d’anches qui regroupe, au moins pour le saxophone, cinq ou six modèles, honnêtement, je ne les ai pas tous en tête, donc voilà. Ils ont aussi bien pour le jazz que pour la musique classique que pour la variété, voilà ils offrent vraiment un panel vraiment très très étendu, moi à titre personnel, j’ai toujours joué Vandoren, j’ai essayé d’autres marques également, françaises également, pour ne citer que Glotin, voilà, je suis revenu sur Vandoren. Voilà, il y a Marca, il y a Rico, donc, dans l’absolu moi je suis, voilà, je suis resté et revenu chez Vandoren, et je reste chez Vandoren. Au niveau de la force d’anche, moi je joue sur, c’est important de dire que la force d’anche va avec le bec qu’on joue. C’est pas une question, comme quand on peut croire quand on débute, bien je suis un débutant donc il me faut une anche facile et faible, je suis un professionnel, il me faut un numéro très élevé. Ça n’a rien à voir, ce qu’on souhaite en tant que professionnel en tirer et en tant que débutant, voilà, avoir le matériel qui fait que ça fonctionne encore une fois. Donc, le bec d’anche, la forme d’anche est en rapport, à mettre avec l’ouverture du bec, donc moi je vois un bec Selmer c* j’ai toujours jouer ca et je joue et du trois, je peux monter jusqu’au quatre, voilà, je dirais que maintenant le trois me va très très bien, pour la pratique quotidienne, et pour l’enseignement et pour les prestations et représentations que je peux faire, donc je joue du trois Vandoren sur un bec Selmer c*, il y aura même plus classique, ça paraît même trop classique, on va dire, trop banal, trop, mais j’en suis content.
Oui, c’est ça.
Donc, je crois c’est le principal. Bien choisir son bec aussi, voilà, c’est quelque chose qu’il faut faire, essayer de faire, se faire aider par un professionnel, si on prend des cours, voilà, si on a la possibilité.
Mais est-ce que tu pourrais donner une indication sur le choix des becs pour un débutant par exemple ? Parce qu’il y a des becs métal, aussi il y a des becs ébonite.
Alors, encore une fois, là je parle encore pour moi, j’ai jamais joué vraiment de becs métal, ils se trouvent plutôt dans un répertoire de musique classique, j’ai joué que des becs ébonite, meme en jouant jazz je suis reste sur l’ébonite. Maintenant, je conseillerais pas un bec trop ouvert pour un débutant, plutôt fermé. Il vaut mieux fermé, comme le c*, voilà, ou S90q qui est aussi chez Selmer ou un Vandoren. Et puis ensuite pour les anches, du 2 me semble bien pour un ado à partir de douze ans, puisque voilà quoi, pour un adulte, et puis ensuite aussi voir en fonction du bâti. Il faut aussi essayer si on a la chance de prendre un cours on peut, le prof puisse, normalement, si il fait bien son travail, essayer un petit peu le matériel, de manière à voir. Moi, j’ai été surpris, des mecs, un petit de dix ans peut très bien commencer avec du deux et demi voire avec du trois, parce que le bec le demande et que c’est pas incompatible même avec, voilà, le démarrage de la pratique instrumentale. Et a contrario on peut tout à fait jouer en tant que professionnel du deux, sur un bec très ouvert, donc, voilà. En tout cas pour débuter, je conseille en tout cas un bec ébonite, plutôt fermé, et puis une anche, pas descendre en dessous du deux, deux, deux et demi, en fonction de l’âge de l’étudiant, et puis voire exceptionnellement du trois, mais pas descendre en dessous du deux. Je sais que ça existe, en tout cas, ça existait, moi j’en ai jamais joué et j’en ai jamais fait jouer.
D’accord, ça marche. Bien moi je suis d’accord avec toi pour les anches, Vandoren, j’ai essayé un peu autre chose, Rico Royal et tout, je suis vite revenu à Vandoren.
Après il y a de grands saxophonistes aussi qui jouent Rico, voilà. C’est en fonction de ce qu’on a dans la tête et du ressenti individuel, pour la tenue, voilà, pour la tenue Vandoren, je pense que, dans le temps, voilà, on peut les fatiguer.
Oui, c’est sûr. Ensuite ma prochaine question : as-tu une astuce pour jouer en sourdine ? Pour les gens qui sont en appartement.
Alors c’est le, je dirais, le talon d’Achille, c’est pas du saxophone, c’est-à-dire que malheureusement, le saxophone, bon, là aussi, historiquement, bon, les effets pour les sourdines, ça fonctionne assez mal, puisque en fait jusqu’au coup dernier coup d’air, c’est pas comme la trompette, le saxophone, le son sort de partout, quoi, il sort de toutes les cheminées, donc on peut pas, à moins de l’emmitoufler complètement, donc. Il a été inventé des sourdines où on joue au casque, il faut savoir que c’est très lourd, il faudrait les tester aussi, moi perso, celle que j’ai testée, bon il n’y a pas trente-six modèles de toute manière, j’avais des problèmes d’émission dans le grave, si on fait un si bémol, terminé, il sort pas. On a l’impression d’être dans un manchon voilà, je veux pas non plus dénigrer, c’est déjà très difficile. Je dirais que c’est presque déjà du matériel professionnel, c’est-à-dire que peut-être pour un professionnel qui va connaître, voilà, dans un type de registre musical particulier, ça peut fonctionner. Bon, en classique, dès qu’on se met à jouer des etudes avec des sons d’octaves, douzième enfin des passages de aigue rès importants, nombreux, voilà, très, très larges, ça va moins bien fonctionner. Donc, déjà pour moi c’est du matériel professionnel qu’on peut utiliser à partir du moment où on maîtrise déjà l’instrument, on n’est plus dans la recherche ni de l’émission ni de comment on souffle. Donc ça, je le réserverais vraiment aux professionnels, bon, voilà, qui arrivent à jouer avec. Ce qui n’a pas été mon cas, donc, j’ai fait un essai. Maintenant, dans un registre un peu moins compliqué à utiliser, il y a une petite sourdine qui s’appelle Saxmute, voilà, on met ça, il y a trois éléments, on les met dans le bec, dans le bocal et dans le pavillon, ou alors juste le bec, le bocal sans le pavillon, et ça permet d’atténuer fortement le niveau de db sans gêner la pratique, je dirais mécanique, de l’instrument. Et si on sait le souffler, c’est pareil ça, on n’a pas une sensation tellement différente, je trouve, mais bon, forcément le son est très très étouffé donc on peut pas vraiment travailler la patte sonore. On va pouvoir travailler les études, on va pouvoir travailler les gammes, on va pouvoir travailler des exercices techniques, des traits de concertos, des traits d’orchestres, uniquement pour la technique, ou pour la virtuosité ou pour le côté mécanique de l’instrument. Malheureusement on ne pourra pas travailler le son, parce que ça étouffe le son. C’est le but recherché, il faut savoir que c’est pas non plus magique, donc, je sais pas quels sont les niveaux de db, de décibels, je pense que ça réduit énormément, mais le son passe quand même. Et si on a un voisin sur le mur d’à côté, il entendra le saxo quand même. Donc, à réserver aussi bien au sous-sol, ou cave, peut-être voilà, qu’on soit encore une fois à l’aise sur l’instrument, qu’on a dépassé tout ce qui est problématique d’émission, qu’on est aussi à l’aise en graves qu’en aigus, voilà, que tout ça est réglé et qu’on sait souffler. Là on peut utiliser ce genre de sourdine. Pour un amateur, pour débutant, bon, il faut savoir qu’un débutant de toute manière il ne travaillera pas quatre heures par jour, donc il ne va pas embêter trop trop son voisin. Si il en fait un petit quart d’heure, et bien je dirais que il embête un quart d’heure ses voisins, ou une demi-heure même, voilà. Il choisit un horaire qui est convenable pour tout le monde et puis, puis voilà. Bon, à partir du moment où on dépasse effectivement la demi-heure, bien c’est la cabine insonorisée. C’est une cabine insonorisée double paroi et là on arrive à une patte absolument confortable, il faut compter une dizaine de milliers d’euros quand même. Donc, voilà, c’est des budgets très importants mais je dirais que là on est tranquille. Et on est de sûr de ne déranger personne, ce qui fait qu’on peut jouer voilà, il n’y a pas d’heure, il n’y a plus d’horaires, on n’a plus rien, on est complètement libéré de ça.
Oui, donc c’est un avantage.
Malheureusement, il n’y a pas de solution miracle. Ou alors, il faut se déplacer dans un lieu, voilà le conseil que je vous donnerais, c’est se déplacer pour pouvoir bénéficier, aller dans un conservatoire, et demander si on peut avoir l’autorisation de travailler son instrument de telle heure à telle heure, un moment, si on a la chance d’avoir des horaires décalés, dans la journée. Moi c’est ce que je conseille à mes élèves adultes qui ont des horaires décalés, de venir au conservatoire travailler comme ça, ils font le déplacement, si ils ne sont pas trop loin, ils peuvent travailler librement une bonne heure.
Ah oui, c’est une bonne idée ça.
Librement.
Ok, d’accord. Alors ensuite, alors quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui ont envie de se lancer mais qui hésitent, parce qu’ils pensent qu’ils sont trop âgés, qu’ils sont trop jeunes, tous les gens qui se trouvent des excuses, quoi ?
Oui, alors en fait, c’est exactement ça. On passe toutes les excuses, c’est comme tout, si on a envie de faire quelque chose, et bien il faut le faire. Et puis à partir du moment où vous êtes sûr, qu’on a la possibilité, les moyens, et cetera, on trouve toujours, en fonction de la motivation, on peut même arriver à se faire prêter des instruments. Enfin bon, il y a j’imagine plein de possibilités. Alors là, c’est une mauvaise excuse, je donne également des cours à des adultes, même des retraités qui disent « ça y est, je suis à la retraite, j’ai toujours voulu faire ça étant jeune, donc maintenant je me lance », c’est-à-dire qu’aujourd’hui, vous avez la vie devant vous. Là ça détend tout de suite l’atmosphère, faut que ça soit, voilà. Il n’y a pas de limite d’âge, voilà, l’envie de faire quelque chose, de se lancer des défis, de voir jusqu’où on peut aller.
La passion.
Savoir que de toute manière, alors peut-être le conseil, voilà une fausse idée, je déconseille un petit peu de prendre cette orientation-là, c’est-à-dire la personne qui arrive « bien moi je veux faire ça parce que je veux arriver à tel résultat ». Bon, attention danger, parce qu’on peut vite se rendre compte que c’est très difficile, donc c’est bien de se donner des objectifs mais il faut qu’ils soient, ces objectifs-là il ne faut pas qu’ils soient dans un avenir lointain. Cet objectif doit être quotidien, c’est-à-dire que j’ai mon saxophone, je vais prendre mon premier cours et si j’arrive à sortir une note au bout de vingt minutes d’explications de l’enseignant, j’ai un son, je suis heureux, terminé. Si le bonheur est là, l’objectif est atteint, il est là, et on verra demain. Demain, deux notes, demain un son qui tient un peu plus longtemps que d’habitude, voilà. Moi, ça m’est arrivé souvent qu’on vienne me voir là je parle plutôt pour les adultes, parce que les enfants ils sont plutôt poussés par les parents ou ils ont une possibilité de ce que ça peut représenter. Les adultes, ils viennent et ils me disent « bien moi, j’ai entendu Stan Getz, je veux faire du saxophone ». Là, on va, vous risquez d’être déçu, donc on va essayer de voir les choses autrement, voilà, Stan Getz, c’est Stan Getz, il y a un Stan Getz, il y a un Parker, il y a un Tulpen, il y a un Fourneau, voilà pour la musique classique. Il y a un parce que ça a été mon professeur, et puis voilà des gens comme ça il y en a quelques-uns et beaucoup de très très grands professionnels, mais on peut pas, si on se met un objectif trop lointain, trop important, on risque d’être déçu, l’objectif il est quotidien, je dirais toute la vie, l’objectif il est quotidien. C’est, voilà, Il faut essayer de profiter de l’instant, rechercher et de comprendre. Donc, surtout pas de problème d’âge, forcément, voilà, tout ça, ce sont des fausses excuses, on a envie de jouer, on joue si on en a la possibilité et l’opportunité et ensuite on voit, au pied du mur si le choix qu’on a fait est légitime ou si on doit revoir ses choix, ses orientations, ses objectifs.
Bien, oui, là, avancer pas à pas et le cumul des petits pas fera un grand pas en fait.
Exactement. C’est exactement, vraiment la musique c’est comme beaucoup de choses, c’est vraiment une discipline, c’est une discipline déjà, et je dirais que tout est dans le lot, c’est pas faussement comme on pourrait nous le vendre un petit peu un loisir, c’est une discipline, et une discipline, voilà, on y va petit à petit, progressivement, avec des objectifs atteignables et surtout essayer de se contenter, être heureux de ce qu’on réalise er voilà. Ne pas avoir des objectifs trop lointains et trop importants, parce que si on y arrive un jour et bien, ça se fera tout seul, mais voilà, il ne faut pas se mettre des choses inatteignables ou être trop loin, quoi, il faut être vraiment sur le quotidien.
Puis, je pense qu’il faut regarder avant tout le progrès puis si jamais tu as un objectif trop élevé, quand tu vas te rendre compte qu’il est vraiment élevé, tu risques d’abandonner.
C’est exactement ça. Il ne faut pas se dégoûter, voilà. Mais c’est très important d’écouter les autres jouer, et d’avoir envie, parce que c’est ce qui donne envie, c’est d’écouter de la musique et cetera.
C’est sûr. Alors la prochaine question, c’est : quelle est selon toi la chose la plus importante à travailler au saxophone ?
Alors, question difficile. Parce que ça va être difficile là de répondre comme ça, bon. Travailler au saxophone, oui, parce qu’on parle de saxophone, mais le saxophone, bon, c’est un outil, donc, pour un but un peu plus grand qui s’appelle la musique, si on reste au niveau du saxophone, moi je pense que le plus important c’est de travailler l’émission, l’émission du son, la facilité. Parce qu’à partir du moment où on est dans la facilité de sortir des sons, d’émettre un son à l’instrument ensuite, bien forcément on peut commencer à prendre le goût à la technique instrumentale, et puis au travail quotidien, quoi. À partir du moment où on est dans la difficulté de l’émission, c’est, forcément, il y a moins l’envie de prendre son instrument, oui. Donc je pense vraiment, pour moi, c’est l’émission, la facilité, la facilité, il faut que quand on prend son instrument, ça doit jaillir de l’instrument, voilà. On souffle, ça doit, ah, le son doit être là, présent, large, profond, droit, plein, et ensuite, bien, on travaille la technique instrumentale. Et là, il n’y a pas de secret, il n’y a pas de secret, à chaque jour suffit sa tâche, comme on dit. Donc c’est le quotidien et le travail répété qui fera que bien voilà, on avance. Et malheureusement, j’allais dire malheureusement, heureusement on a jamais fini. Et on ne finira jamais de toute manière.
C’est clair. Alors, ensuite, alors, comment fais-tu pour te motiver à progresser, à vouloir progresser chaque jour ?
1. Alors je dirais que c’est une force qui est plus forte que moi presque, c’est-à-dire quand on a fait un certain niveau d’études musicales, qu’on a été passionné par cet instrument, on est passionné par cet instrument, je dirais qu’on est dans une recherche, forcément. Donc, à partir du moment où on est dans une recherche, voilà, on veut comprendre pourquoi, pourquoi, notamment pourquoi des gens ils jouent trois notes de musique, et ces trois notes-là c’est les trois plus belles notes de musique. Alors nous des fois, on prend le sax et on en joue cinq et elles sont pas bonnes. Alors, on veut comprendre ! Pourquoi les gens prennent un instrument, voilà, il y a un côté magique, voilà, il y a peut-être un côté comme ça qui est un peu imperceptible, impalpable mais je pense que; moi ce qui me motive, c’est ça, c’est comprendre l’instrument, comprendre son fonctionnement, comprendre aussi peut-être, mais là c’est encore une ambition un peu plus grande, ce qu’est la musique, pourquoi effectivement il y a des gens qui voilà, les musiciens, ils écoutent trois notes, c’est les trois plus belles notes de la musique et elles sonnent et pourquoi, je pense que la motivation, en tout cas pour moi, je parle vraiment personnellement, c’est ça. C’est comprendre, comprendre, comprendre, et comment ca fonctionne e plus souvent possible et puis j’essaie de pratiquer mon instrument, voilà, et puis de la recherche. Il y a des gens qui ne poseront peut-être jamais aucune question et c’est peut-être tant mieux, et ils sont aussi heureux comme ça, et voilà, moi, ma recherche c’est plutôt ça, comprendre le fonctionnement. Je pense y être arrivé quand même par certains aspects, mais en fait on se trouve toujours des une raison de continuer, quoi, voilà. Donc c’est un peu évidemment de la musique et puis, moi je me mets un disque, hein, ça me donne envie de jouer du saxo. De préférence un disque de saxophone, classique, jazz, variété, funk. Et puis j’entends un super touriste, ou j’entends un concerto joué par un, maintenant avec Youtube on a des facilités quand même, on voit des musiciens à travers le monde. Voilà, on éprouve quelque chose qui nous transporte, on se dit c’est, voilà, et puis, et donc ça motive, voilà. Je crois pas qu’on soit motivé si on regarde toute la journée du foot à la télé. Il y a peu de chances qu’on ait envie de travailler son instrument. Si on s’est mis au saxophone, auquel cas, il vaut peut-être mieux se mettre au foot. Donc, voilà, écouter beaucoup de musique, et puis avoir envie d’écouter tout simplement, il y a l’amour-propre qui rentre dedans, une fois qu’on aime ça, on veut se dépasser, on veut être meilleur, on veut progresser et puis voilà, c’est ça, c’est ça avant tout. Mais ça ne peut pas se faire comme ça, voilà, je pense qu’il y a, moi personnellement la musique ça a, depuis l’âge de douze ans, à part la musique j’ai pas d’autre grande passion, si la lecture, sur les choses un petit peu scientifiques, avec les mystere de l’univers enfin bon, ça c’est une recherche plus personnelle aussi. Mais voilà, la musique c’est quelque chose qui me tient depuis l’âge de douze ans en tout cas, et peut-être avant, j’avais, mais j’étais pas encore musicien et je peux dire que moi j’ai commencé tard la musique, à quinze ans, donc, voilà. Une fois que je suis rentré dedans, je pense avoir trouvé un peu une raison d’être ici sur terre.
Bien oui, la musique, de toute façon, c’est tellement profond, c’est clair. Bon, bien, écoute, bien, c’est tout pour l’interview, j’e n’ai plus de questions à te poser, bien, je te remercie, franchement c’est vraiment gentil, tu as vraiment donné pas mal de contenu, j’espère que tout le monde, enfin les auditeurs seront vraiment contents. Et puis voilà, surtout si jamais vous écoutez ce podcast sur Youtube, n’hésitez pas à voter pour évaluer cette vidéo. Si jamais vous êtes sur mon site, et bien pareil, laissez un commentaire pour nous dire si jamais vous avez aimé l’interview et si vous en voulez d’autres. Et puis moi, bien écoute Éric, je te dis à bientôt.
Bien au plaisir Jonathan, et puis au plaisir de te retrouver, on a beaucoup de kilomètres qui nous séparent mais enfin c’est un plaisir de te voir grâce à la magie de ma technologie comme on dit.
C’est clair.
Et puis voilà, au plaisir éventuellement de pouvoir renouveler l’opération si les gens ont été contents en tout cas de cette première, cette première vidéo, voilà, j’espère ne pas avoir trop begaye je suis pas un spécialiste de ça. C’est donc, voilà, j’espère m’être fait comprendre et puis encourager les gens à jouer du saxophone, parce que c’est un instrument fabuleux, et je pense que ça vaut le coup d’essayer et quand on a essayé, c’est adopté.
Ok, à plus tard.
Tchao.
Tchao.

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